Le programme ICOPE : le dépistage de la perte d’autonomie à partir de 60 ans
ICOPE est le programme public de dépistage précoce de la perte d’autonomie, destiné aux personnes de 60 ans et plus. Il repose sur un repérage de six capacités — locomotion, état nutritionnel, santé mentale, cognition, audition, vision — réalisable en une dizaine de minutes, seul ou avec l’aide d’un professionnel. En cas d’alerte, la personne est invitée à consulter un professionnel de santé. Son cadre a été fixé par le décret n° 2026-191 du 18 mars 2026, en vigueur depuis le 20 mars 2026. Le programme regarde la personne : il ne regarde pas son logement.
Le dépistage dit qu’il y a un risque. Reste à savoir quoi faire du domicile.
Senior Step réunit les adaptations possibles pièce par pièce, leur ordre de grandeur de prix et les aides mobilisables, puis met en relation avec les fournisseurs qui interviennent dans le département.
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Qu’est-ce que le programme ICOPE ?
ICOPE est un modèle conçu par l’Organisation mondiale de la santé — ICOPE, pour « Integrated Care for Older People ». Son principe tient en une idée : la perte d’autonomie ne survient pas d’un coup, elle s’installe par une baisse progressive de capacités que l’on peut repérer tôt, à un moment où les corriger est encore simple. Plutôt que d’attendre l’accident ou l’hospitalisation, on regarde régulièrement six fonctions du quotidien.
La France l’a repris à son compte et généralisé. Le décret n° 2026-191 du 18 mars 2026, publié au Journal officiel du 19 mars 2026 et en vigueur depuis le 20 mars 2026, institue un programme national de dépistage précoce et de prévention de la perte d’autonomie visant les personnes âgées d’au moins 60 ans. Un arrêté du 18 mars 2026 en fixe le cahier des charges du programme, comme le prévoit l’article R. 1411-59 du code de la santé publique. Le ministère chargé des solidarités annonce un objectif de 2 millions de personnes dépistées à l’horizon 2027.
Que dépiste le test ICOPE, exactement ?
Six capacités, et six seulement. Elles portent sur la personne — ce qu’elle peut faire, voir, entendre, retenir — et non sur son environnement. La colonne de droite est notre lecture, pas celle du programme : elle indique ce qu’une alerte peut impliquer pour le domicile, sujet dont ICOPE ne traite pas.
| Capacité dépistée | Ce que ça recouvre | Ce que ça change dans le logement |
|---|---|---|
| Locomotion | La capacité à se lever, marcher et garder l’équilibre. | C’est celle qui touche le plus directement le domicile : un escalier, un seuil de douche ou un sol glissant ne changent pas, mais la marge pour les franchir, si. |
| État nutritionnel | L’appétit, le poids, la capacité à s’alimenter suffisamment. | Une cuisine dont les rangements hauts sont devenus inatteignables pèse sur ce que l’on se prépare vraiment. |
| Santé mentale | L’humeur, le moral, les signes de dépression ou d’isolement. | Rien à faire du côté du logement. |
| Cognition | La mémoire et l’orientation dans le temps et l’espace. | Un éclairage automatique sur le trajet de nuit vers les toilettes compense une hésitation, il ne traite pas ce qui la cause. |
| Audition | La capacité à entendre une conversation, une sonnette, une alarme. | Une alarme incendie ou un interphone qui ne s’entendent plus se doublent d’un signal visuel. |
| Vision | La capacité à voir de près comme de loin. | Les contrastes et les niveaux d’éclairage sont les deux points du logement qui comptent le plus ici, et les moins chers à corriger. |
Le test lui-même n’est pas reproduit ici, et ne le sera pas. Il se fait avec les outils officiels référencés dans Mon espace santé — ICOPE Monitor, ICOPE & Moi, DigiCOPE — ou avec un professionnel de santé.
Qui peut faire le test, et à quelle fréquence ?
Toute personne d’au moins 60 ans, gratuitement. Le repérage se fait en auto-évaluation ou avec l’aide d’un tiers — un proche, un professionnel de santé, un intervenant à domicile. Il demande une dizaine de minutes. En l’absence d’alerte, le renouvellement est recommandé dans un délai de six mois : c’est un suivi dans la durée, pas un examen ponctuel.
Le pilotage revient aux agences régionales de santé. L’article R. 1411-60 du code de la santé publique le dit ainsi : « Le programme est mis en œuvre par les agences régionales de santé, en lien avec les collectivités territoriales compétentes », en s’appuyant notamment sur les services publics départementaux de l’autonomie. C’est pourquoi les modalités concrètes — qui propose le test, où, avec quel accompagnement — varient d’un département à l’autre.
Que se passe-t-il après une alerte ?
Le programme prévoit une chose, et une seule : la personne est invitée à contacter un professionnel de santé de proximité pour une évaluation. C’est ce professionnel qui décidera de la suite — un examen plus approfondi, un bilan, une orientation. Aucun acteur privé n’a de rôle à ce stade, et personne n’a à vous contacter parce que vous avez fait un test.
Ce que vous faites du logement, en revanche, ne dépend que de vous, et peut commencer tout de suite : c’est le seul volet où l’on n’attend l’autorisation de personne. Nous l’avons détaillé sur la page consacrée aux suites du test .
Pourquoi ICOPE ne dit rien du logement ?
Parce que ce n’est pas son objet. Le repérage porte sur six capacités de la personne. Il ne regarde pas le domicile : ni l’escalier, ni la baignoire, ni l’éclairage, ni les sols. Ce n’est pas un manque : un dépistage mesure des capacités, et il le fait bien. Mais il laisse entière la question que se pose la famille le soir même — si la marche est moins sûre, qu’est-ce qu’on fait de l’escalier ?
C’est là que la même situation se lit autrement. Une baisse de capacité et un logement inchangé, ce sont deux termes d’un même écart : on peut agir sur l’un, et on peut aussi agir sur l’autre. Cinq des six capacités dépistées ont une traduction concrète dans le domicile — un seuil de douche, un éclairage, un contraste sur une première marche, une alarme qu’on n’entend plus. Aucune de ces corrections ne soigne quoi que ce soit ; toutes réduisent ce que le logement exige de celui qui y vit.
La marche à suivre, pièce par pièce, avec les ordres de prix et les aides, est sur la page d’adaptation du logement . Si l’alerte porte sur la mobilité — c’est la plus fréquente et la plus liée au domicile — celle-ci est plus directe .
Par où commencer chez soi
Le panier réunit ce que vous retenez au fil de la lecture : budget total, aides mobilisables, et les fournisseurs qui interviennent dans votre département. Vous décidez ensuite d’envoyer la demande, ou pas.
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Les questions fréquentes sur ICOPE
Le programme ICOPE est-il obligatoire ?
Non. Le repérage est proposé aux personnes de 60 ans et plus, il ne leur est pas imposé. Il n’ouvre aucun droit et ne conditionne aucune aide : ce n’est ni un examen médical obligatoire, ni une évaluation administrative.
Le test ICOPE est-il payant ?
Non. Les outils de repérage référencés dans Mon espace santé — ICOPE Monitor, ICOPE & Moi, DigiCOPE — sont gratuits. Le repérage peut aussi être proposé par un professionnel de santé.
Une alerte au test signifie-t-elle que je suis dépendant ?
Non. Une alerte signale qu’une capacité mérite d’être regardée de plus près, pas qu’une perte d’autonomie est installée. C’est précisément l’objet d’un dépistage précoce : agir pendant qu’il est tôt. La suite appartient au professionnel de santé qui fera l’évaluation.
Le programme ICOPE s’occupe-t-il de l’adaptation du logement ?
Non. Le repérage porte sur six capacités de la personne. Il ne regarde pas le domicile : ni l’escalier, ni la baignoire, ni l’éclairage, ni les sols. L’adaptation du domicile relève d’autres dispositifs — MaPrimeAdapt’, les caisses de retraite, les conseils départementaux — et d’autres interlocuteurs.
Nos sources
- Légifrance — Décret n° 2026-191 du 18 mars 2026 relatif au programme de dépistage précoce et de prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées
- Ministère du Travail et des Solidarités — Généralisation du programme ICOPE pour prévenir la perte d’autonomie dès 60 ans
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr — Le programme ICOPE pour repérer des signes de fragilité
Références vérifiées le . Les textes d’application peuvent évoluer : en cas de doute, le site de référence fait foi, pas celui-ci.